La Croix Bezuel

La « Croix Bezuel » figure dès le XVIIe siècle dans les aveux de la seigneurie de Beaumont conservés aux archives départementales de la Seine-Maritime. Probablement détruite pendant la Révolution, elle fut remplacée au début du XIXe siècle.

Originellement appelée « Croix Bezuel », du nom de son donateur ou du possesseur des terrains alentour, elle a été nommée Croix Beruel par l’institut Géographique National et cette forme erronée est entrée dans l’usage local. A tel point que le patronyme Bezuel, bien attesté à Beaumont au siècle dernier, semble actuellement en extinction dans le département de la Manche.

Cette croix de granit, de section octogonale, porte sur sa branche horizontale :

A  L’AVERS, l’épigraphe classique O CRUX AVE, qui invite le passant à saluer la croix, symbole de la rédemption.

Dans la liturgie traditionnelle, c’est le début d’un des versets de l’hymne des vêpres du Temps de la Passion, le Vexilla régis :

O crux ave, spes unica
O Croix, salut, seule espérance,
Hoc passionis tempore
En ce temps de la Passion,
Piis adauge gratiam
Fais croître la grâce des justes
Reisque dele crimina.
Et lave les péchés des coupables.

AU REVERS, la mention 1803 rappelle l’époque de son érection sous le Consulat, au début de la période concordataire et lors du pastorat de Pierre-André Leduc (Gréville, 1751- id., 1807) curé de Beaumont à la fin de l’Ancien Régime. Réfractaire au serment de la Constitution civile du clergé, exilé à Aurigny, puis sans doute en Angleterre, il est renté en 1802 avant d’être de nouveau nommé curé de Beaumont dans les premiers mois de 1803 ;

Placée à la sortie Ouest de la Commune, au carrefour de la route de Jobourg et du chemin menant au hameau de la rue de Beaumont, cette croix a été déplacée lors de la création de la déviation sud de l’agglomération, en 1984, ainsi qu’en témoignait la mention apposée sur le scellement de la base de son fut.

Elle se trouve actuellement à proximité de son emplacement d’origine.